Vive l’actionnariat salarié

Selon l’étude présentée le 13 septembre dernier, en 2015 :

77% des entreprises françaises cotées ont des plans d’actionnariat pour l’ensemble de leurs salariés contre une moyenne européenne de 47% ;
37% des salariés sont actionnaires contre 23% en Europe (taux de démocratisation) ;
Les salariés (non dirigeants) détiennent 3,9% du capital contre 1,7% en Europe.

En 2015, la France cumule :

37% des actionnaires salariés européens (2,8 millions de salariés actionnaires en France contre 7,6 millions en Europe) et
28% de la capitalisation détenue par les salariés actionnaires : 98,3 Md€ en France contre 351,2 Md€ en Europe.

Pourquoi la France est championne d’Europe de l’actionnariat salarié?

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène :

La France a une longue tradition de réconciliation du capital et du travail initiée par Général de Gaulle quand il a créé l’intéressement et la participation (cf. « 1949 : Le capitalisme à la papa et les professionnels de la lutte des classes ») ;

Grâce au PEE qui existe depuis 1967 et permet depuis 1986 d’acquérir des actions de l’entreprise, faculté ouverte notamment pour les privatisations de l’époque. C’est un formidable outil car l’abondement est un filet de sécurité, la participation et l’intéressement sont un bon carburant qui évite au salarié de «sortir l’argent de sa poche» ;
Grâce à une fiscalité incitative qui ne taxe pas au moment de la souscription et quasiment pas à la sortie du plan ;
Grâce au développement du FCPE (Fonds commun de placement d’entreprise), outil 100% français et donc unique au monde, qui a plusieurs avantages :

Si tous les autres pays proposent aux salariés d’acheter directement des actions de l’entreprise, en France la plupart des opérations collectives sont réalisées à travers un fonds commun de placement d’entreprise (FCPE) réservé aux salariés des entreprises.

Cet outil très souple permet d’intermédier et donc de simplifier la relation avec la collectivité des actionnaires salariés, tout en garantissant leur représentation via le Conseil de Surveillance.

Il permet également, si c’est souhaité, d’introduire des mécanismes d’amortissement des risques, via l’abondement, la décote, ou des mécanismes de levier avec garantie en capital.
Lorsqu’il est investi en titres non cotés, il prévoit le ou les mécanismes adaptés de liquidité.

A ces facteurs, nous pouvons aussi ajouter la bonne performance et la rentabilité des opérations d’actionnariat salarié, lancées par les entreprises en France.

Selon l’étude annelle de Eres, les salariés des entreprises du SBF120 ayant souscrit à une opération d’actionnariat salarié réalisée entre 2006 et 2010 ont été gagnants dans 72 % des cas avec le dividende et la décote (hors abondement), contre 60 % pour un actionnaire traditionnel (cf. post du 14/09/16).

De plus, pour 100 euros investis, entre 2006 et 2010, en titre de leur entreprise, les salariés du SBF120 ont réalisé un gain moyen de 78 % (décote et dividende compris, hors abondement) (cf. post du 13/09/16). Avec un abondement de 25 %, il peut même attendre 117 %, 158 % pour un abondement de 50 %, 195 % pour un taux de 75 % et jusqu’à 547 % avec 300 % d’abondement. « Ce niveau de performance cumulé sur cinq ans bat, et de loin, n’importe quel autre placement », se réjouit Jérôme Dedeyan, Président de Eres (cf. « L’actionnaire salarié, plus souvent gagnant que les autres », Les Echos).

 


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