40 000 défaillances d’entreprises en 2022 ?

AU Group et EY projettent dans leur étude sur la santé des entreprises, près de 40 000 défaillances sur l’ensemble de l’année 2022. 

Avec déjà près de 10 000 défaillances recensées sur le 1er trimestre 2022, AU Group, courtier-conseil en garantie et financement du poste client et EY, leader mondial de l’audit, du conseil, de la fiscalité, du droit et des transactions, projettent dans leur étude publiée récemment sur les défaillances d’entreprises, près de 40 000 défaillances sur l’ensemble de l’année 2022. 

« En 2021, nous avons constaté une baisse continue du nombre de défaillances en France avec seulement 28 000 procédures collectives enclenchées. Un chiffre en baisse de 45% par rapport à l’année 2019. Les aides fournies par l’Etat pendant la crise du Covid ont notamment permis de maintenir à flot les entreprises durant cette période. Toutefois, le remboursement des PGE arrive à échéance et le contexte géopolitique instable vient tout bouleverser ! La pénurie de matières premières et l’augmentation de leurs coûts vont entraîner un effet domino qui va inévitablement entraîner une hausse forte de ces défaillances en 2022 » explique Baudouin de Thoré, Directeur Général AU Group. 

« Si le « quoi qu’il en coûte » a été salvateur pour bon nombre d’entreprises françaises, le conflit ukrainien va considérablement fragiliser les entreprises qui se sont maintenues jusque-là grâce aux aides fournies par l’Etat. Ces dernières risquent de difficilement faire face au remboursement de leur PGE, tout en devant absorber les effets pervers que ce conflit va imposer. Pour les secteurs de l’automobile, du BTP, de l’agro-alimentaire et de l’aéronautique notamment, cela représente beaucoup d’incertitudes ! » poursuit Guillaume Cornu, Responsable de l’activité Restructuring chez EY.

A peine remise de la pandémie de Covid 19, l'économie française va être pénalisée par la guerre en Ukraine qui devrait ralentir la croissance tout en accélérant la hausse des prix. La croissance française serait amputée en 2022 de 0,5 à 1,1 point de pourcentage par rapport à ce qui se serait produit sans le conflit, a estimé la Banque de France. Le produit intérieur brut (PIB) français progressera de 3,4 % si le prix du pétrole s'établit en moyenne sur l'année à 93 dollars, mais de seulement 2,8 % si ce prix atteint 119 dollars. Sans la guerre, la croissance aurait été de 3,9 %, estiment les économistes de la banque centrale.

Pendant la crise Covid, ce sont les services qui avaient été les plus touchés. Cette fois-ci, ce sera l'industrie qui se trouvera la plus impactée. Avant la guerre, elle avait déjà des difficultés d'approvisionnement liés à la circulation des matières premières qui devaient se dissiper en 2022. On estime que les PME/PMI seront les plus touchées malgré les premiers gestes du plan de résilience annoncé par le Premier ministre le 16 mars 2022 pour soutenir les entreprises.

Ce plan de résilience comprend des mesures qui doivent – à court terme – limiter les impacts sur les entreprises dans les secteurs de l’agriculture, du transport, de la pêche, du BTP…. À long terme, l'État français souhaite renforcer sa souveraineté énergétique, industrielle et alimentaire avec son plan de résilience, un plan européen et évolutif.
 


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